La culture dans la nature. Une nuit magique, passée avec le ciel pour seul plafond avec la voix envoûtante de Norah Jones dont les accents se mêlent aux murmures du vent dans les arbres du parc Longchamp, vous signez n'est ce pas ? En tout cas, je l'ai fait. Je n'avais pas de grandes attentes quant à cette soirée, je crois aux transports que provoque la musique quand on ferme les yeux et pour ce genre de voyage on est jamais mieux que dans son lit. Mais la nonchalance du festival telle que je me l'imaginais est parvenue à me séduire.
Le fond de l’air été légèrement frais, ma robe dos nu y était peut-être pour quelque chose. Le soleil se couchait paresseusement. Et, même la première partie pour laquelle personne n’était venu avait son charme.
C’est idyllique n’est ce pas ? Oui. Et oui je pourrais m’arrêter là et dire que j’ai passé une excellente soirée ce soir là. C’est vrai d’ailleurs, je l’ai fait … mais uniquement parce que je l’ai décidé.
En m’inscrivant à ce festival je croyais à cette image bucolique et décontractée vendue par les panneaux publicitaires et les publications Facebook qui devaient cibler les habitants de la ville … Et jusqu’à l’entracte, l’illusion a tenu.
Quelque chose entre l’effet concert et la présence d’une star, le FOMO et le manque de savoir vivre a fait vriller une partie de l’audience. En effet, la règle tacite de ce type de réunion où le placement est libre est d’accepter son sort et de prier pour être suffisamment en avance dans la queue. Ce soir là, elle ne fut pas respectée. Dès l’entracte, une partie du public s’est levée pour se tenir debout entre la scène et les premiers plaids, puis les premiers rangs se sont aussi levés car leur vue était bloquée par cette fosse improvisée. Et ainsi de suite, jusqu’à ma rangée.
Le schéma était toujours le même, j’ai pu l’observer de près. D’abord on regarde d’un mauvais œil, mais d’un œil éloigné ceux qui se lèvent, puis on houspille ceux qui nous bloquent la vue, enfin on cède. Je dis on, mais je ne l’ai pas fait. J’ai regardé d’un œil amusé et cynique ceux qui se plaignaient 1m70 au dessus de mon corps allongé. Près du sol et la tête dans les étoiles, je n’avais pas besoin d’autre vue.